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1877

XX

Jean RICHEPIN

Tes paroles ont des musiques cristallines. Rien qu'à les écouter, que de fois j'ai joui ! Je pâme, les yeux clos, et presque évanoui, Quand, pour me parler bas, dans le cou, tu t'inclines.

Ce n'est pas de ton souffle embaumant les pralines Que je me grise alors ; c'est du ton inouï Que tu mets dans un mot quelconque, un simple oui. Ta bouche a des façons de prononcer câlines.

Voilà ce qui me fait tous les sens engourdis. Je t'écoute, mais sans savoir ce que tu dis, Comme si tu parlais une langue inconnue ; Je me laisse couler dans l'extase ; et je sens

Une invisible main passer sur ma peau nue, Car tes paroles même ont des doigts caressants.

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