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1877

XVI

Jean RICHEPIN

Son corps est d'un blanc monotone Comme la neige sur les champs ; Mais sa toison semble un automne Doré par les soleils couchants.

Ses seins droits ont la pointe aiguë Ainsi que la ronce des murs Et sont froids comme la ciguë Pleine de poisons doux et sûrs.

Dire l'odeur de sa peau fraîche, Aucun parfum ne le saurait, Ni le foin séché dans la crèche, Ni l'haleine d'une forêt,

Ni le thym, ni la marjolaine, Ni le muguet, ni le cresson Nourri des pleurs de la fontaine Et tout baigné de sa chanson,

Ni le repli des coquillages Qui garde un arôme énervant, Souvenance d'anciens sillages, D'algues, de marée et de vent.

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