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1877

X

Jean RICHEPIN

Comment, mignonne, j'ai fait souffrir votre orgueil ? Et vous voilà, comme un enfant, la larme à l'œil ! Voulez-vous bien finir ! Vous aurez le nez rouge. Mais vous continuez. Votre lippe qui bouge

Mêle un peu de grimace à vos airs de grandeur. O la petite laide ! ô le vilain boudeur ! Bah ! vous avez beau faire ; et malgré cette moue, Malgré le flot salé qui brûle votre joue,

Les sourcils contractés qu'une ride rejoint, Vous êtes belle encore et ne m'effrayez point. Vermeille, votre peau de larmes arrosée Est la rose au matin laissant choir sa rosée ;

Vos narines, où la fureur creuse un sillon, Palpitent comme des ailes de papillon ; Votre bouche pourprée, où la lèvre se fronce, Semble un meuron bien mûr ensanglantant la ronce ;

Votre menton crispé, que vous croyez fort laid, Me fait songer aux plis délicats d'un œillet ; Vos yeux sont comme un ciel d'été lavé de pluie, Plein de nuages bleus que le soleil essuie ;

Votre nez n'est pas rouge, il est un rubis clair ; Et le pleur qui scintille à son bout rose, a l'air D'un diamant qui va rouler comme un grain d'orge Pour les deux ramiers blancs nichés dans votre gorge.

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