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1894

VII

Jean RICHEPIN

Michelet à la mer a fait parler son verbe, Son verbe à lui, brûlant, haché, fiévreux, nerveux, Éclairs et coups de vent, bonds et langues de feux. Rayons de miel doré, tranches de fruit acerbe.

Beau verbe ! Mais le tien, ô mer, est plus superbe. Lorsque l’orage en rut mord ton mufle baveux. T’empoigne à bras le corps, t’arrache les cheveux, Et te les éparpille au loin comme un tas d’herbe.

Beau verbe ! Mais le tien, ô mer, est plus câlin. Quand le soleil sur toi se couche à son déclin. Que ton corps frissonnant se pâme à ses caresses. Et que parmi les bruits lentement apaisés

Tu t’endors alanguie à de vagues paresses Où passent en chantant des rêves de baisers.

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