Ses cheveux formant sa coiffure lumineuse,
Elle se promenait, la belle matineuse,
Dans le petit jardin planté de grands rosiers.
Vous la trouviez si belle, oiseaux, que vous n'osiez,
Voyant qu'elle rêvait, troubler sa rêverie
Même de votre voix amoureuse et fleurie.
Elle portait, la fée, une baguette en main.
Nonchalante, parmi les herbes du chemin
Traînant les plis brumeux de sa robe légère,
On eût dit, sous le ciel très tendre, une bergère
Dans un pays tout bleu, tout rose, tout riant,
Où la brise rimait des vers de Florian.
Quoi ! c'est bien elle ? Où donc est son regard farouche
Et le rire qui mord les deux coins de sa bouche ?
Je ne reconnaissais rien d'elle en cet instant.
Mais tout à coup parmi les rosiers s'arrêtant.
Du bout de sa baguette ainsi que des rebelles
Elle décapita les roses les plus belles,
M'en offrit une, la plus rouge, en rougissant,
Et sourit de m'y voir mettre les doigts en sang ;
Et, comme j'effeuillais la fleur dans, sa poitrine.
Ses yeux aigus m'entraient au cœur comme une épine.