Ma foi, nous passerons notre journée au lit.
Le repos du combat d'amour vous amollit,
Et sur la volonté comme sur les paupières
Pose ses doigts câlins plus pesants que des pierres.
A quoi bon nous lever ? Il est plus de midi.
Des langueurs vont flottant et font l'air attiédi
Dans la chambre bien close et pleine de silence.
La paresse sous nos courtines se balance,
Ainsi qu'un de ces grands papillons aux vols lourds
Qui traînent dans la nuit leurs ailes de velours.
Rien ne respire autour de nous, rien ne s'agite,
Rien ne viendra troubler la paix de notre gîte.
Oh ! n'ouvrons pas les yeux, ne levons pas nos fronts !
Dormons profondément ! Nous nous réveillerons
Plus tard, bien tard, pas même aujourd'hui, pas encore,
Mais demain seulement, quand, pour fêter l'aurore,
Dans le rayon filtrant par le trou du volet
Les atomes dorés danseront leur ballet.