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1894

UN COUP D’RIQUIQUI

Jean RICHEPIN

Il était deux matelots, mes gas, Qui s’en allaient sur les flots, mes gas. En disant : Nous reviendrons, mes gas, Emplissez nos boujarons

Tout ronds, Nous boirons. Et pas un n’est revenu, mes gas ! Parti, ni vu ni connu, mes gas !

L’hôtesse, un coup d’riquiqui ! Ça rend les marins poilus D’boire à la santé d’ceux qui N’boit plus.

Il était deux matelots, mes gas, Qui sont tombés dans les flots, mes gas. En disant : Nous chavirons, mes gas, Plus jamais nos boujarons

Tout ronds Ne boirons. Et depuis qu’ils ont coulé, mes gas, Pas un ne s’est plus soûlé, mes gas.

L’hôtesse, un coup d’riquiqui ! Ça rend les marins poilus D’boire à la santé d’ceux qui N’boit plus.

Il était deux matelots, mes gas. Dont l’âme errait sur les flots, mes gas, En disant : Nous qui sombrons, mes gas. C’est surtout nos boujarons

Tout ronds Que pleurons. Et c’est la raison pourquoi, mes gas, Buvez, ceux qu’ils ont de quoi, mes gas.

L’hôtesse, un coup d’riquiqui ! Ça rend les marins poilus D’boire à la santé d’ceux qui N’boit plus.

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