Skip to content
1877

SONNET WATTEAU

Jean RICHEPIN

Celle-là ne connaît ni jeûnes ni vigiles. Elle est sur l'herbe, auprès des débris d'un festin. Son nez moqueur a l'air de narguer le destin. Elle épluche des fruits avec ses doigts agiles.

Au loin vogue un bateau dont les agrès fragiles Tendent dans le ciel bleu des voiles de satin. C'est lui qui va mener au pays clandestin La troupe d'Arlequins, de Bergers et de Gilles.

A quoi songe la belle enfant aux doigts rosés ? Sur sa bouche rieuse où chantent des baisers Elle écrase les sœurs de ses lèvres, les fraises ; Et dans son blanc peignoir fleuri de falbalas,

Elle ressemble au beau nuage plein de braises Qui monte de Cythère, à l'horizon, là-bas.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
SONNET WATTEAU · Jean RICHEPIN · Poetry Cove