Skip to content
1881

SONNET IVRE

Jean RICHEPIN

Pourtant, quand on est las de se crever les yeux, De se creuser le front, de se fouiller le ventre, Sans trouver de raison à rien, lorsque l’on rentre Fourbu d’avoir plané dans le vide des deux,

Il faut bien oublier les désirs anxieux, Les espoirs avortés, et dormir dans son antre Comme une bête, ou boire à plus soif comme un chantre, Sans penser. Soûlons-nous, buveurs silencieux !

Oh ! les doux opiums, l’abrutissante extase ! Bitter, grenat brûlé, vermouth, claire topaze. Absinthe, lait troublé d’émeraude. Versez ! Versez, ne cherchons plus les effets ni les causes !

Les gueules du couchant dans nos cœurs terrassés Vomissent de l’absinthe entre leurs lèvres roses.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
SONNET IVRE · Jean RICHEPIN · Poetry Cove