Skip to content
1877

RONDEAU

Jean RICHEPIN

Votre beau thé, moins rare que vos yeux, Votre thé vert, fleuri, délicieux. Qui vaut quasi dix mille francs la livre, Moins que la fleur de vos yeux il enivre

Et fait rêver qu'on s'en va dans les cieux. J'ai bu les deux arômes précieux, Et jusqu'au jour dans mon lit soucieux Il m'a sonné des fanfares de cuivre,

Votre beau thé. Je vous voyais passer parmi les Dieux, Dans un grand char aux flamboyants essieux ; Et sous la roue en or, n'osant vous suivre,

J'ai mis mon front, et j'ai cessé de vivre En bénissant, écrasé mais joyeux, Votre beauté.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
RONDEAU · Jean RICHEPIN · Poetry Cove