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1894

QUATRE HEURES DU MATIN

Jean RICHEPIN

Au firmament teinté de rose et de lilas On dirait qu’une main nonchalante et distraite De l’aurore endormie ouvre la gorgerette Et découvre le sein voilé de falbalas.

Mon quart est fait. Je vais me coucher. Je suis las. Mais avant, toi que j’aime et que mon œil regrette, Je veux te dire adieu, céleste pâquerette, Dernière étoile qui dans l’ombre étincelas.

Adieu, jusqu’à ce soir, fleur du jardin nocturne, Dont le calice clair, incliné comme une urne, Versait à mes regards son vin de rayons blancs. Adieu ! Ton feu pâlit dans l’air plus diaphane ;

Et repliant sur toi tes pétales tremblants, Parmi les prés d’azur ton bouton d’or se fane.

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