Hélas ! pourquoi ces pleurs dans mes yeux que j'essuie,
Et pourquoi ces soupirs dans ma gorge crevant ?
Je ne puis rappeler le passé décevant,
Ni ranimer le feu dans l'Âtre plein de suie.
L'amour s'est envolé, la flamme s'est enfuie.
A quoi bon soupirer, pleurer, en y rêvant,
Comme un hautbois plaintif qui se nourrit de vent,
Comme un vieux toit rompu qui se repaît de pluie ?
Ah ! pauvre cœur troublé de regrets, de remords,
Tes soupirs rendront-ils le souffle aux oiseaux morts
Et tes pleurs feront-ils s'épanouir des roses ?
Au fond de ta douleur tu peux les laisser choir ;
Soupirs et pleurs, tout est stérile. Tu n'arroses
Qu'un linceul ; et pas même, encore !… ton mouchoir.