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1894

PARLER MATHURIN

Jean RICHEPIN

Les mathurins ont une langue Où le verbe n’est point prison. L’image y scintille à foison, Or vierge dans sa rude gangue.

Le vent fraîchit. La barque tangue. L’onde est vert-tendre. À l’horizon Chaque flot porte une toison. Peignez ça, marchands de harangue !

Toi, simple pêcheur de harengs, C’est d’un seul mot que tu le rends. Tu dis que la vague moutonne. Et l’on voit, mieux qu’avec nos vers,

Ces points clairs sur fond monotone, Ces blancs troupeaux dans ces prés verts.

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