Dans les bois roux, dans les bois sourds,
Entends la chanson monotone
Des bises d'octobre aux vols lourds.
Les bois enterrent dans l'automne
Leurs amours.
Ah ! dans mon cœur qui se recueille
Pleure un chant plus sourd, quand je vois
Sous ta main lourde qui les cueille
Tomber nos bonheurs d'autrefois
Feuille à feuille.
Je veux l'aimer encore. Attends !
La sève bout sous mon écorce.
Je veux, comme à notre printemps,
Reverdir. J'ai toute ma force
De vingt ans.
O mignonne, aime-moi toi-même.
Reviens au vieil amour vainqueur.
L'arbre vit d'un bourgeon suprême.
Avril dure aux roses du cœur
Quand on aime.
Et si notre amour n'est plus vert,
S'il perd ses branches à la bise,
Au moins dans l'âtre large ouvert
Chauffons à son bois qui se brise
Notre hiver.
Que notre nuit d'adieu rougeoie
Comme le vin, la pourpre et l'or.
Flamme folle, flambe, flamboie !
Que ce dernier feu soit encor
Feu de joie !