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1877

LE SOLEIL RICHE

Jean RICHEPIN

Pour te laver du sommeil Qui sur tes yeux pèse encore, Viens voir lever le soleil Dans son alcôve d'aurore.

Regarde le paresseux, Comme il bâille ! Il a l'air ivre. On voit qu'il n'est pas de ceux Qui vont travailler pour vivre.

Lentement il cligne un œil. Il veut redormir peut-être. Mais la Nuit, la veuve en deuil, Crie en ouvrant la fenêtre :

« Allons, allons, fainéant, Il faut sortir de la plume. Déjà là-bas l'Océan, Votre grand miroir, s'allume. »

Alors, se frottant les yeux, Débarbouillé de rosée. Le dormeur aux beaux cheveux Met le nez à la croisée.

Et l'on voit, dans l'air léger, D'un nuage qui rougeoie Un vol de flocons neiger Comme des papiers de soie.

L'un est blanc, l'autre est vermeil. Tous sont roulés en pelotes. C'est Monseigneur le Soleil Qui défait ses papillotes.

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