Skip to content
1877

INDIFFÉRENCE

Jean RICHEPIN

J'étais tout pantelant encor de ses caresses, Imprégné de l'odeur subtile de ses tresses, Parfumé de sa peau, brûlant de ses baisers, Et les hoquets d'amour, un à un apaisés,

Dans ma gorge râlante avec des plaintes douces A peine assourdissaient leurs dernières secousses, Quand elle se leva, calme, l'air somnolent. Elle ne m'embrassa pas même en s'EN allant.

Là-bas, près du miroir, sans jouir de ma joie, Elle remit nonchalamment ses bas de soie, Comme, après le dessert dans un dîner banal, La bourgeoise en causant met ses gants pour le bal.

Et je sentis alors l'abominable doute Au profond de mon cœur s'infiltrer goutte à goutte ; Je compris ce que sa froideur me laissait voir, Que son amour pour moi n'était plus qu'un devoir.

Qu'elle ne savait plus la volupté jalouse, Que la maîtresse enfin prenait des airs d'épouse.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
INDIFFÉRENCE · Jean RICHEPIN · Poetry Cove