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1881

GLANEURS

Jean RICHEPIN

Les blés coupés sont en buriots Eh ! hue ! oh ! dia ! les chariots Prendront d’main la part la meilleure. C’est l’ tour des glaneurs

À c’t’ heure, C’est l’ tour des glaneurs. Hardi ! la mère et les morveux, Battons l’chaum’ qu’est dru comm’ nos ch’veux,

Et qu’ pas un seul épi n’y d’meure. C’est l’ tour des glaneurs À c’t’ heure, C’est l’ tour des glaneurs.

L’année est bonn’, les grains sont gros. Fourrez moi-z-en un sous vos crocs. C’est-il plein, dur, et comm’ ça fleure ! C’est l’ tour des glaneurs

À c’t’ heure, C’est l’ tour des glaneurs. Il en reste au ras du sillon D’ quoi remplir plus d’un corbillon,

Assez pour empêcher qu’on n’ meure. C’est l’tour des glaneurs À c’t’ heure, C’est l’tour des glaneurs.

Si j’en pouvions vend’ pour queuq’ sous, J’irions boire à la branch’ de houx Un pichet d’vin qui sent la meure. C’est l’ tour des glaneurs

À c’ t’heure, C’est l’ tour des glaneurs. En passant auprès des buriots, Volez un peu les proprios.

Faut du pain à ceux qu’a pas d’ beurre. C’est l’ tour des glaneurs À c’t’ heure, C’est l’ tour des glaneurs.

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