Des fleurs, des fleurs, des fleurs, des fleurs
Des fleurs de toutes les couleurs,
Innombrables, grosses, petites,
À pleins regards, à pleines mains,
Œillets, roses, genêts, jasmins.
Lilas et clématites ;
Des fleurs qui pleuvent par ruisseaux ;
Des fleurs s’écroulant en monceaux
Qui font se crever les corbeilles ;
Des fleurs à parer tous les seins ;
Des fleurs à soûler les essaims
De toutes les abeilles ;
Des fleurs, des fleurs, des fleurs, des fleurs
Les plus fous y trouvent les leurs.
C’est leur rêve qui les colore.
Et tout cela dans un jardin
Qui s’est épanoui soudain
Comme il venait d’éclore.
C’est un jardin tout grand ouvert,
Au gazon toujours frais et vert.
Le jardin de la mer fleurie,
Où l’aube en robe de satin
Fait sous ses pas chaque matin
Naitre cette féerie ;
Où vient à son tour chaque soir
En robe de velours s’asseoir
Le couchant semeur de prestiges ;
Jardin au sol miraculeux
Où poussent des dahlias bleus
Et des roses sans tiges ;
Jardin aux trésors indulgents,
Où les songeurs, les pauvres gens,
Le marin triste et solitaire,
Tous les gueux, tous les malchanceux,
Font des bouquets plus beaux que ceux
Qu’on cueille sur la terre ;
Jardin de l’aube et du couchant
Dont jamais sous l’hiver méchant
Ne meurt la couronne fanée ;
Jardin du printemps idéal
Où l’on voit deux fois Floréal
Dans la même journée !