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1894

DE RETOUR

Jean RICHEPIN

Le temps que j’ai passé sur tes flots, mer jolie, Reste cher à mon cœur comme son meilleur temps. Je ne l’oublierai pas, quand je vivrais cent ans, Et la douceur en moi n’en peut être abolie.

Ta tristesse fut tendre à ma mélancolie, Ton amertume saine à mes vœux mal portants, Et c’est toujours ta voix sereine que j’entends Quand revient ma raison gourmander ma folie.

Je n’ai pas tout redit de tes bonnes chansons. Car aux mailles des mots comment garder leurs sons Et filtrer à travers des phrases leur mystère ? Puis nous avons, sous les astres pour seuls témoins,

Échangé des secrets dont il vaut mieux se taire, N’est-ce pas ce qu’on sent le plus qu’on dit le moins ?

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