C’est la fille du forban, On dit qu’elle est si belle ! Sont venus trois rois puissants, Des empereurs tout autant.
Et deux sultans en turban Pour coucher avec elle. Le forban a répondu : On dit qu’elle est si belle !
Rois, empereurs, n’en faut plus ; Leurs gendarmes m’ont pendu. Quant aux sultans, trop barbus Pour coucher avec elle !
Sont venus trois matelots. On dit qu’elle est si belle ! Tous les trois vaillants et beaux, Un de Nante, un de Bordeaux,
L’autre né chez les oiseaux, Pour coucher avec elle. Le premier parla d’abord : On dit qu’elle est si belle !
Nul pilote n’est plus fort. Jamais je ne manque un port. Je resterai sur ton bord Pour coucher avec elle.
Le forban a répondu : On dit qu’elle est si belle ! Un pilote est superflu. À terre je ne vais plus.
Retourne d’où t’es venu Pour coucher avec elle. Après parla le second : On dit qu’elle est si belle !
J’ai tout seul pris un trois-ponts Qu’avait quatre-vingts canons. Le veux-tu ? Je t’en fais don Pour coucher avec elle.
Le forban a répondu : On dit qu’elle est si belle ! Ton trois-ponts et toi dessus, Je vous prendrai sans reçu.
Retourne d’où t’es venu Pour coucher avec elle. Le dernier parle à son tour : On dit qu’elle est si belle !
Quand je chante mes amours Tout chacun fait cercle autour. Et j’enchanterais des sourds Pour coucher avec elle.
Le forban fit aussitôt : On dit qu’elle est si belle ! Un chanteur toujours dispos Fout du cœur aux matelots.
Vʼlà le gaillard qu’il me faut Pour coucher avec elle Et de la belle Louison, On dit qu’elle est si belle !
Celui qui fit la chanson Eut l’étrenne avec raison. À fauvette il faut pinson Pour coucher avec elle.
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