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1881

BALLADE VILLON

Jean RICHEPIN

Roi des poètes en guenilles, Ô gueux, maître François Villon, Buveur de vin, coureur de filles, Sonneur de joyeux carillon,

Grand mélancolique en paillon, Tes vers sur ta tête honnie Font flamber le sacré rayon, Escroc, truand, marlou, génie !

Tu fus le père des bons drilles Dont tu remplis le corbillon ; Et pour de telles peccadilles Tu faillis, quittant le sillon,

Au gibet comme échantillon Pendre, figure racornie Dont la pluie eût fait un bouillon, Escroc, truand, marlou, génie !

Laisse les chercheurs de vétilles Te piquer de leur aiguillon. Sur leurs sermons tu dégobilles. Amant de Margot la souillon,

Tu sus, môme à son cotillon, Allumer l’étoile bénie Qui fait resplendir ton haillon, Escroc, truand, marlou, génie !

Prince, arbore ton pavillon. Et tant pis pour qui te renie, Roi des poètes sans billon, Escroc, truand, marlou, génie !

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