Skip to content
1881

BALLADE DU RODEUR DES CHAMPS

Jean RICHEPIN

Nul ne peut dire où je juche : Je n’ai ni lit ni hamac. Je ne connais d’autre huche Si ce n’est mon estomac.

Mais j’ai planté mon bivac Dans le pays de maraude, Où sans lois, sans droits, sans trac, Je suis le bon gueux qui rôde.

Le loup poursuivi débuche. Quand la faim me poursuit, crac ! Aux œufs je tends une embûche : Les poules font cotcodac

Et pondent dans mon bissac. Puis dans une cave en fraude Je bois vin, cidre ou cognac. Je suis le bon gueux qui rôde.

Quand j’ai sifflé litre ou cruche, Ma cervelle est en mic-mac ; Bourdonnant comme une ruche, Mon sang fait tic-tac tic-tac.

Alors je descends au bac Où chante quelque faraude Qui me prend pour son verrac. Je suis le bon gueux qui rôde.

Prince au cul bleu comme un lac, Cogne dont l’œil me taraude, Pique des deux, va ! Clic, clac ! Je suis le bon gueux qui rôde.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
BALLADE DU RODEUR DES CHAMPS · Jean RICHEPIN · Poetry Cove