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1881

BALLADE DU RÔDEUR DE PARIS

Jean RICHEPIN

Bon sang d’ bon Dieu ! quel turbin ! J’viens d’mett’ mon pied dan’ eun’ flaque : C’est l’hasard qui m’offre un bain. Vlan ! v’là l’ vent qui m’fiche eun’claque.

Fait vraiment un froid d’attaque. Quand j’ pens’ que j’ suis pas couvert. Et qu’ j’ai pas d’ poils comme un braque ! C’est pas rigolo, l’hiver.

R’mouchez-moi un peu c’ larbin Sous sa fourrure ed’ cosaque. Comme i’ pu’ bon l’eau d’ Lubin ! I’ s’ gour’ dans son col qui craque

Comme un’ areng dans sa caque. Oh ! la ! la ! C’t’habillé d’vert ! Oui, mais moi, v’là que j’me plaque. C’est pas rigolo, l’hiver.

Et ç’uilà, l’est pas lambin. Non de nom ! comme i’ s’ détraque, Avec son bec-ed’-corbin Et son londrès neuf qu’i’ sacque !

Tiens ! i’ rent’ dans sa baraque. La mienne est à ciel ouvert. Avec un parquet d’ déflaque. C’est pas rigolo, l’hiver.

Prince, il fait nuit ; l’ ciel s opaque. Viens-tu ? J’ vas poisser d’l’auber… Au bagn’ j’aurai eun’ casaque ! C’est pas rigolo, l’hiver.

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