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1877

A CORPS PERDU

Jean RICHEPIN

Hurrah ! Que notre nuit toujours recommencée Soit comme une bataille aux aveuglants éclairs Qui fasse évanouir le jour dans mes yeux clairs ! Et tant mieux si ma mort doit en être avancée !

Redouble de caresse et de rage insensée, Jusqu'à vider mes os, jusqu'à rompre mes nerfs ! Dans des spasmes pareils au rut fauve des cerfs, Fais saigner largement mon corps et ma pensée !

Tu peux m'ouvrir le ventre et me casser les reins. Frappe ! Je ne crains pas la mort. Ce que je crains, C'est que ta soif d'aimer ne soit pas assouvie ; Et je veux t'enivrer sans fin, jusqu'au moment

Où, les yeux effarés, tu briseras ma vie Comme un ouvrier soûl brise son instrument,

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