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1897

Pour la Porte des Astrologues

Henri RÉGNIER

Si tu veux consulter le destin, pars dès l’aube, Cache sous ton manteau et cache sous ta robe Devin, un hibou noir, Sibylle, un hibou blanc ; Et tous les deux, un jour impair, d’un pas plus lent

Sortez après avoir craché sur un crapaud ; Jetez des feuilles d’ache et des feuilles d’ormeau, Toi, dans la source vive, et toi, dans la fontaine ; Nul présage n’est vain, nulle preuve n’est vaine

Car la rose déjà s’augure à l’églantier. Le lièvre qui, d’un saut, traverse le sentier, La corneille qui jase et l’étourneau qui vole, Le trèfle à quatre brins éclos dans l’herbe molle

Sont des signes certains où vous connaîtrez mieux L’avenir embusqué, propice ou soucieux. Au détour de la vie et au coin de la route, Que si, dans le ciel clair au delà de ma voûte,

Assis, toi sur la borne et toi debout au seuil, Vous épiiez, pour y prévoir bonheur ou deuil, Destin prompt, sort aventureux, fortunes lentes, La pluie au ciel d’été des étoiles filantes.

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