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1897

Péroraison

Henri RÉGNIER

Ô lac pur, j’ai jeté mes flûtes dans tes eaux, Que quelque autre, à son tour, les retrouve, roseaux, Sur le bord pastoral où leurs tiges sont nées Et vertes dans l’Avril d’une plus belle Année !

Que toute la forêt referme son automne Mystérieux sur le lac pâle où j’abandonne Mes flûtes de jadis mortes au fond des eaux. Le vent passe avec des feuilles et des oiseaux

Au-dessus du bois jaune et s’en va vers la Mer ; Et je veux que ton acre écume, ô flot amer, Argente mes cheveux et fleurisse ma joue ; Et je veux, debout dans l’aurore, sur la proue,

Saisir le vent qui vibre aux cordes de la lyre Et voir, auprès des Sirènes qui les attirent À l’écueil où sans lui nous naufragerions. Le Dauphin serviable aux calmes Arions.

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Péroraison · Henri RÉGNIER · Poetry Cove