Si tu disais :Si tu disais : Voici l’Automne qui vient et marcheVoici l’Automne qui vient et marche Doucement sur les feuilles sèches,Doucement sur les feuilles sèches, Écoute le heurt de la hacheÉcoute le heurt de la hache
Qui, d’arbre en arbre, dans la forêtQui, d’arbre en arbre, dans la forêt Sape et s’ébrèche ;Sape et s’ébrèche ; Regarde aussi sur le maraisRegarde aussi sur le marais Les oiseaux tomber, flèche à flèche,Les oiseaux tomber, flèche à flèche,
Les ailes lâches,Les ailes lâches, Avec des tachesAvec des taches De doux sang frais.De doux sang frais. Si tu disais : Voici l’Hiver.Si tu disais : Voici l’Hiver.
Le soleil saigne sur la mer,Le soleil saigne sur la mer, La barque est prise aux glaces du port,La barque est prise aux glaces du port, L’âtre fume, le vent halèteL’âtre fume, le vent halète Ou ricane, glapit ou guetteOu ricane, glapit ou guette
Et jappe et mord ;Et jappe et mord ; Le jour finit en soir amer…Le jour finit en soir amer… Si tu disais : Je suis la douleur et l’hiver ;Si tu disais : Je suis la douleur et l’hiver ; Je t’aimerais, mais tu m’as dit en souriant :Je t’aimerais, mais tu m’as dit en souriant :
Regarde cette aurore à l’orientRegarde cette aurore à l’orient Rose et verte sur les prés et l’eau ;Rose et verte sur les prés et l’eau ; Avril aux doux pieds nus court sur l’herbe qui trembleAvril aux doux pieds nus court sur l’herbe qui tremble Et le Printemps sonore et beauEt le Printemps sonore et beau
Tressera tes jours en guirlandesTressera tes jours en guirlandes Et la rose à la rose et la joie à la joie ;Et la rose à la rose et la joie à la joie ; Je suis l’aube qui naît et l’aile qui s’éploie,Je suis l’aube qui naît et l’aile qui s’éploie, Je suis souriante et ma boucheJe suis souriante et ma bouche
Est fraîche et douce,Est fraîche et douce, Et je te tendsEt je te tends Mes mains de chair en fleur qu’embaume le Printemps.Mes mains de chair en fleur qu’embaume le Printemps.
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