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1897

Odelette III

Henri RÉGNIER

Tu frapperas !Tu frapperas ! La porte est haute sous les roses et le lierreLa porte est haute sous les roses et le lierre Aux mille brasAux mille bras Incrustés dans la vieille pierreIncrustés dans la vieille pierre

Et se crispant comme la nuitEt se crispant comme la nuit Qui étreignait de haut en basQui étreignait de haut en bas La maison noire et solitaireLa maison noire et solitaire Qui maintenant chante et luitQui maintenant chante et luit

Sous les roses, à l’aube claire.Sous les roses, à l’aube claire. Je t’attends assis en chantant,Je t’attends assis en chantant, Je t’attends, car c’est le printemps ;Je t’attends, car c’est le printemps ; Les vitres pâlissent, et le pavé pâleLes vitres pâlissent, et le pavé pâle

S’éclaire et blanchit de dalle en dalle,S’éclaire et blanchit de dalle en dalle, Et l’ombre s’accroupit aux angles ;Et l’ombre s’accroupit aux angles ; Entre,Entre, Toi qui à ma porte es venue,Toi qui à ma porte es venue,

Souriante et nue.Souriante et nue. Entre. Veux-tuEntre. Veux-tu T’asseoir à mon foyer pour y filer le chanvreT’asseoir à mon foyer pour y filer le chanvre Au bruit du rouet monotone ?Au bruit du rouet monotone ?

Veux-tuVeux-tu Attendre ici l’automne ?Attendre ici l’automne ? Veux-tu que je te donneVeux-tu que je te donne Le gobelet de hêtre et l’assiette d’étain,Le gobelet de hêtre et l’assiette d’étain,

Le fruit, le pain,Le fruit, le pain, Un peu d’eau pure,Un peu d’eau pure, Et rester là ?Et rester là ? La route est dure.La route est dure.

Mais déjà ton sourire est un baiser… VoilàMais déjà ton sourire est un baiser… Voilà Une fleur pour que tu la tiennesUne fleur pour que tu la tiennes À ta main, et voici une lampe d’orÀ ta main, et voici une lampe d’or Et trois opales anciennes ;Et trois opales anciennes ;

Voici encorVoici encor Une ceinture où pend une clé ;Une ceinture où pend une clé ; Prends la tunique et les sandales,Prends la tunique et les sandales, Je te les donne.Je te les donne.

Tu as la lampe et les opales,Tu as la lampe et les opales, Tu as la clé,Tu as la clé, Et maintenant va parmi les hommes !Et maintenant va parmi les hommes !

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