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1897

Odelette II

Henri RÉGNIER

Je n’ai rien Que trois feuilles d’or et qu’un bâton De hêtre, je n’ai rien Qu’un peu de terre à mes talons,

Que l’odeur du soir en mes cheveux, Que le reflet de la mer en mes yeux, Car j’ai marché par les chemins De la forêt et de la grève

Et j’ai coupé la branche au hêtre Et cueilli en passant à l’automne qui dort Le bouquet des trois feuilles d’or. Accepte-les ; elles sont jaunes et douces

Et veinées De fils de pourpre ; Elles sentent la gloire et la mort, Elles tremblèrent au noir vent des destinées ;

Tiens-les un peu dans tes mains douces : Elles sont légères, et pense À celui qui frappa à ta porte, Un soir,

El qui s’est assis en silence Et qui reprit en s’en allant Son bâton noir Et te laissa ces feuilles d’or,

Couleur de soleil et de mort… Ouvre tes mains, ferme ta porte Et laisse-les aller au vent Qui les emporte !

Je n’ai rienJe n’ai rien Que trois feuilles d’or et qu’un bâtonQue trois feuilles d’or et qu’un bâton De hêtre, je n’ai rienDe hêtre, je n’ai rien Qu’un peu de terre à mes talons,Qu’un peu de terre à mes talons,

Que l’odeur du soir en mes cheveux,Que l’odeur du soir en mes cheveux, Que le reflet de la mer en mes yeux,Que le reflet de la mer en mes yeux, Car j’ai marché par les cheminsCar j’ai marché par les chemins De la forêt et de la grèveDe la forêt et de la grève

Et j’ai coupé la branche au hêtreEt j’ai coupé la branche au hêtre Et cueilli en passant à l’automne qui dortEt cueilli en passant à l’automne qui dort Le bouquet des trois feuilles d’or.Le bouquet des trois feuilles d’or. Accepte-les ; elles sont jaunes et doucesAccepte-les ; elles sont jaunes et douces

Et veinéesEt veinées De fils de pourpre ;De fils de pourpre ; Elles sentent la gloire et la mort,Elles sentent la gloire et la mort, Elles tremblèrent au noir vent des destinées ;Elles tremblèrent au noir vent des destinées ;

Tiens-les un peu dans tes mains douces :Tiens-les un peu dans tes mains douces : Elles sont légères, et penseElles sont légères, et pense À celui qui frappa à ta porte,À celui qui frappa à ta porte, Un soir,Un soir,

El qui s’est assis en silenceEl qui s’est assis en silence Et qui reprit en s’en allantEt qui reprit en s’en allant Son bâton noirSon bâton noir Et te laissa ces feuilles d’or,Et te laissa ces feuilles d’or,

Couleur de soleil et de mort…Couleur de soleil et de mort… Ouvre tes mains, ferme ta porteOuvre tes mains, ferme ta porte Et laisse-les aller au ventEt laisse-les aller au vent Qui les emporte !Qui les emporte !

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