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1897

Les Travaux

Henri RÉGNIER

Je t’atteindrai, farouche, et te vaincrai, hautaine, Car j’ai lavé mes mains aux eaux de la fontaine, Et mes yeux se sont vus sourire en son flot clair Qui chante, et j’ai lavé mes pieds nus dans la mer.

Et le vent a passé sur ma face, et je suis Calme comme est l’Aurore ayant vaincu la Nuit Et pur de par le vent, la mer et la fontaine ! Je t’atteindrai, farouche, et tu ploieras, hautaine,

Et malgré tes cheveux d’or roux et tes yeux durs De guerrière et ta bouche ardente et tes seins sur Qui l’on modèlerait un buste de victoire, D’une laine filée à ton rouet d’ivoire,

Lasse, et tes mains encor gourdes de l’écheveau, En songeant, à mes pieds, aux antiques travaux, Tu joueras sur la dalle, humble, accroupie et chaste, Avec trois cailloux blancs et trois pierres de jaspe.

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