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1902

LES STATUES

Henri RÉGNIER

Les feuilles, une à une, et le temps, heure à heure, Tombent dans le bassin dont le jet d'eau larmoie ; Iphigénie en sang près d'Hélène de Troie, Danaé, Antigone, Ariane qui pleure,

Marbres purs que le vent soufflette ou qu'il effleure ! Si le torse se cambre ou si la tête ploie, Héroïque au destin qui caresse ou rudoie, La statue aux yeux blancs persévère ou demeure.

L'éternelle beauté subsiste à jamais belle. Le Silence a ployé le crêpe de son aile Et songe, assis, le coude au socle où il inscrit Le nom de l'héroïne énergique ou morose

Qui dérobe un sourire ou cache un sein meurtri Derrière les cyprès ou derrière des roses.

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LES STATUES · Henri RÉGNIER · Poetry Cove