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1897

Les Regrets

Henri RÉGNIER

Au crépuscule mauve au delà de la haie Où l’épine à la fleur survit avec la baie, La Colère a passé, ce soir, sur le chemin, Hautaine avec la torche et le glaive à la main,

Et l’Orgueil la suivait pas à pas et la Haine Et l’Amour qui fit signe à mon âme incertaine ; Il a tourné la tête et j’aurais pu le suivre… L’heure du sablier sonnait à la clepsydre

Dans ma calme maison par la porte entr’ouverte ; Et j’ai vu, sur le sable pâle et l’herbe verte, Avec l’ombre du toit, l’ombre du vieux cyprès ; Et toute la douceur juste du jardin frais

Est jusqu’à moi venue avec l’odeur des mousses, Et j’ai pensé, parmi la paix des choses douces, À ma flûte d’ébène et à ma flûte d’or Et à mon verre de cristal où jusqu’au bord

L’eau fraîche fait perler une sueur de givre ; J’ai vu le sablier auprès de la clepsydre Et la vie à jamais la même et j’ai pleuré De ce que seul d’entre eux l’Amour ne fût entré,

Car la flûte, la faulx, la serpe et l’arrosoir Sont tristes quelquefois à qui marche, le soir, Silencieux et que la fontaine s’est tue, Autour du buis taillé qui borde les laitues.

Au crépuscule mauve au delà de la haie Où l’épine à la fleur survit avec la baie, La Colère a passé, ce soir, sur le chemin, Hautaine avec la torche et le glaive à la main,

Et l’Orgueil la suivait pas à pas et la Haine Et l’Amour qui fit signe à mon âme incertaine ; Il a tourné la tête et j’aurais pu le suivre… L’heure du sablier sonnait à la clepsydre

Dans ma calme maison par la porte entr’ouverte ; Et j’ai vu, sur le sable pâle et l’herbe verte, Avec l’ombre du toit, l’ombre du vieux cyprès ; Et toute la douceur juste du jardin frais

Est jusqu’à moi venue avec l’odeur des mousses, Et j’ai pensé, parmi la paix des choses douces, À ma flûte d’ébène et à ma flûte d’or Et à mon verre de cristal où jusqu’au bord

L’eau fraîche fait perler une sueur de givre ; J’ai vu le sablier auprès de la clepsydre Et la vie à jamais la même et j’ai pleuré De ce que seul d’entre eux l’Amour ne fût entré,

Car la flûte, la faulx, la serpe et l’arrosoir Sont tristes quelquefois à qui marche, le soir, Silencieux et que la fontaine s’est tue, Autour du buis taillé qui borde les laitues.

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