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1897

La Maison

Henri RÉGNIER

La maison sur les eaux, pour s’y mirer, se penche, Elle est fleurie ; elle est fragile et toute blanche Sous la vigne obstinée et le lierre fidèle. Le ciel est beau ; les fleurs sont douces ; l’hirondelle

Noue et dénoue autour son vol qui s’enchevêtre, Et dans l’eau singulière on la voit apparaître Au miroir assombri que sa gaîté traverse, Chauve-souris soudain d’un crépuscule inverse,

Avec la maison pâle et le ciel terne et sombre ; Et les deux cygnes blancs au-dessus de leur ombre Qui se reflète noire et ne les quitte plus, Mystérieux jumeaux l’un à l’autre apparus,

Semblent, doubles sur l’onde où leur spectre les suit, Unir l’heure du jour à l’heure de la nuit.

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