Skip to content
1897

L'Hiver

Henri RÉGNIER

Dépose la lanterne et l’épieu du voyage, Car la pluie au dehors tisse le paysage De l’enchevêtrement des trames de l’averse ; Le vent mystérieux, au coin du mur, converse

Avec quelqu’un qui gronde et quelqu’un qui sanglote, Et l’Hiver aux doigts gourds parle et heurte à la porte Doucement, et voici qu’il entre dans la chambre, T’apportant, en ses mains de brouillard et de cendre,

Ô Voyageur ! — pour te dire de rester là Loin de la route d’ombre où s’en irait ton pas Trébucher à l’ornière et buter à la flaque — Avec ses grains de jade et ses boules de laque,

En un vase d’onyx où leur bouquet s’unit Le vert gui spongieux et le houx racorni.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
L'Hiver · Henri RÉGNIER · Poetry Cove