Skip to content
1902

L'HEURE

Henri RÉGNIER

Rapide, aiguë et furtive, L'aiguille sur le cadran Perce l'heure où elle arrive De son dard indifférent.

La rose, de ses pétales, Compte l'instant qui se suit En minutes inégales Qui s'effeuillent sans un bruit.

Le temps pour toi se divise Selon que tu l'as pensé ! Qu'il s'abrège ou s'éternise Il deviendra ton passé.

Et, lorsqu'un jour de ta cendre Les roses refleuriront, Tu ne pourras plus entendre Les aiguilles qui feront,

Sur le cadran à demeure, Leur travail minutieux De percer encore l'heure Que ne verront plus tes yeux.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
L'HEURE · Henri RÉGNIER · Poetry Cove