Skip to content
1902

L'HEURE

Henri RÉGNIER

L'invariable buis et le cyprès constant Bordent l'allée égale et le parterre où songe Dans le bassin carré l'eau qui reflète et ronge Un Triton fatigué de sa conque qu'il tend ;

En sa gaîne de pierre aussi l'hermès attend Que tourne autour de lui son socle qui s'allonge ; Un Pégase cabré, le pied pris dans sa longe, Lève un sabot de bronze et gonfle un crin flottant.

L'heure est longue pour ceux qui, figés en statues, Vol brisé, saut captif, dont les voix se sont tues, Demeurent au jardin vaste et monumental ; Et le Temps qui s'en va, hibou noir ou colombe,

Dessine au vieux cadran de pierre et de métal Une aile d'ombre oblique où fuit le jour qui tombe.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
L'HEURE · Henri RÉGNIER · Poetry Cove