Skip to content
1897

L'Allusion à Narcisse

Henri RÉGNIER

Un enfant vint mourir, les lèvres sur tes eaux, Fontaine ! de s’y voir au visage trop beau Du transparent portrait auquel il fut crédule… Les flûtes des bergers chantaient au crépuscule ;

Une fille cueillait des roses et pleura ; Un homme qui marchait au loin se sentit las. L’ombre vint. Les oiseaux volaient sur la prairie ; Dans les vergers, les fruits d’une branche mûrie

Tombèrent, un à un, dans l’herbe déjà noire, Et, dans la source claire où j’avais voulu boire, Je m’entrevis comme quelqu’un qui s’apparaît. Était-ce qu’à cette heure, en toi-même, mourait

D’avoir voulu poser ses lèvres sur les siennes L’adolescent aimé des miroirs, ô Fontaine ?

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
L'Allusion à Narcisse · Henri RÉGNIER · Poetry Cove