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1897

Jour d'Automne

Henri RÉGNIER

Viens ! c’est encore un Jour qui rôde par la vie Avec sa robe lente et sa face pâlie, Avec pour voix l’écho qui emprunte aux fontaines Des rires dans le vent et des larmes lointaines…

Il rôde, mauve et rose, et un doigt sur sa bouche. Viens ! c’est encore un jour dont l’aurore fut douce Et dont le crépuscule accoude avec son ombre Sa stature de rêve et sa forme de songe

Sur la rampe de marbre autour d’une eau qui dort En ses feuilles de bronze et en ses feuilles d’or ! Viens ! c’est encore un jour et nous l’avons vécu Heure à heure avec lui, et le soir l’a fait nu,

Debout avec sa face grave qui larmoie D’avoir été l’amour, d’avoir été la joie Et se recule peu à peu dans le passé ; Et la voix qui s’est tue et le pas effacé

S’enfoncent, côte à côte, au fond de la mémoire, Parmi les feuilles d’or qui sombrent dans l’eau noire. Viens ! c’est encore un Jour qui rôde par la vie Avec sa robe lente et sa face pâlie,

Avec pour voix l’écho qui emprunte aux fontaines Des rires dans le vent et des larmes lointaines… Il rôde, mauve et rose, et un doigt sur sa bouche. Viens ! c’est encore un jour dont l’aurore fut douce

Et dont le crépuscule accoude avec son ombre Sa stature de rêve et sa forme de songe Sur la rampe de marbre autour d’une eau qui dort En ses feuilles de bronze et en ses feuilles d’or !

Viens ! c’est encore un jour et nous l’avons vécu Heure à heure avec lui, et le soir l’a fait nu, Debout avec sa face grave qui larmoie D’avoir été l’amour, d’avoir été la joie

Et se recule peu à peu dans le passé ; Et la voix qui s’est tue et le pas effacé S’enfoncent, côte à côte, au fond de la mémoire, Parmi les feuilles d’or qui sombrent dans l’eau noire.

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