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1897

Invocation mémoriale

Henri RÉGNIER

La main en vous touchant se crispe et se contracte Aux veines de l’onyx et aux nœuds de l’agate, Vases nus que l’amour en cendre a faits des urnes ! Ô coupes tristes que je soupèse, une à une,

Sans sourire aux beautés des socles et des anses ! Ô passé longuement où je goûte en silence Des poisons, des mémoires acres ou le philtre Qu’avec le souvenir encor l’espoir infiltre

Goutte à goutte puisé à d’amères fontaines ; Et, ne voyant que lui et elles dans moi-même. Je regarde, là-bas, par les fenêtres hautes, L’ombre d’un cyprès noir s’allonger sur les roses !

La main en vous touchant se crispe et se contracte Aux veines de l’onyx et aux nœuds de l’agate, Vases nus que l’amour en cendre a faits des urnes ! Ô coupes tristes que je soupèse, une à une,

Sans sourire aux beautés des socles et des anses ! Ô passé longuement où je goûte en silence Des poisons, des mémoires acres ou le philtre Qu’avec le souvenir encor l’espoir infiltre

Goutte à goutte puisé à d’amères fontaines ; Et, ne voyant que lui et elles dans moi-même. Je regarde, là-bas, par les fenêtres hautes, L’ombre d’un cyprès noir s’allonger sur les roses !

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