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1897

Inscription sur une Porte fermée

Henri RÉGNIER

L’arc de pierre sculpté d’armes et de victoires Par où passe en manteau de pourpre ma Mémoire, La grappe qui ruisselle entre les mains fermées, Mon orgueil qui se laure aux veines d’un camée

Ou sur le bronze avec l’exergue des médailles ; Le matin doux après le soir de la bataille ; Le promontoire haut d’où l’horizon est clair, Le port, la proue avec l’écume de la mer ;

Le char qui roule, les chevaux cabrés au vent Sur les jarrets et les deux sabots en avant ; Les cygnes parmi les cyprès, les femmes nues, Les châteaux d’or rêvant au fond des avenues,

La douceur du ciel bleu reflété dans les eaux ; Le grand bûcher d’érable où l’on brûle les os, Et les torches et les thyrses parmi les glaives ; Le pas sur la prairie ou le pas sur la grève,

La main au gantelet, le pied à l’étrier, La torsion autour des tempes du laurier Et à l’aube le cri des trompettes de bronze Ne valent pas jadis ton sourire dans l’ombre !

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