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1897

Heures

Henri RÉGNIER

Chaque Heure mène derrière elle L’image naïve, à pas lents, Loup qui gronde ou agneau qui bêle, De ses souvenirs noirs ou blancs ;

Bêtes rudes qui l’ont mordue, Doux compagnons de son chemin Qui caressèrent la peau nue De son visage ou de sa main.

Chaque Heure porte vers l’Année Qui le respire et le lui rend L’emblème de sa destinée, Fleur amère ou fruit odorant.

Celle-ci offre une colombe Et l’autre porte un hibou noir Et chacune tient, brune ou blonde, Une corbeille ou un miroir.

La corbeille est d’or ou de branches, Le miroir est clair ou pâli Et le visage qui s’y penche S’y voit la face de l’oubli.

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