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1897

Attributs

Henri RÉGNIER

De tout ce grand amour et de toute ma vie, Gerbe éparse que l’heure éternelle délie Et dont le vent du soir à l’année étrangère Disperse les grains mûrs et les pailles légères,

Il ne restera rien, car le futur Été Ne saura même pas si quelqu’un a été Le moissonneur de cette terre que moissonne Un autre, hélas ! pour qui l’indifférent automne

Mûrit le raisin lourd au cep qui l’a porté, Un autre ! et lui, peut-être, au soir de son Été, Trouvera, parmi l’herbe, auprès de la fontaine, Une urne où dormira une cendre incertaine

Que versera la main qui l’aura soupesée Et deux flûtes de buis et d’ébène, croisées Sur un masque pétri d’une pâle de cire Où s’efface à demi la bouche d’un sourire.

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