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1897

Après la Forêt et la Mer

Henri RÉGNIER

Ma tranquille maison est la même aujourd’hui Qu’aux jours de ma jeunesse où mon Désir a fui Son seuil, et mon retour s’accoude, vers le soir, Sur la table où ma lampe brûle, et je peux voir,

À sa flamme qui se projette droite et haute, Mon ombre auprès de moi qui songe côte à côte, Assis à l’âtre en cendre et sans bénir les Dieux, Car mon foyer n’a pas d’autels et mal pieux

Nous n’invoquerons pas de lares, et, Déesses, Votre sourire est mort au soir de nos sagesses ! Ayant vu la forêt et la plaine et la mer, Je sais que toute Nymphe est femme par sa chair ;

Les Faunes sont des masques où un nain ricane, Bestial avec des sabots de bouc ou d’âne, Et lorsque je ramais dans ma barque marine, Entre elles, vers leur voix, venue à moi divine.

J’ai vu, que je pensais être à jamais sereines, Après avoir chanté se mordre les Sirènes !

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