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1860

Triomphe

Armand RENAUD

QUATRE chevaux d'un blanc sans tache Sont attelés à mon char d'or. Dans la main je tiens une hache, Sur le ciel bleu mon œil s'attache,

A mes pieds ma panthère dort. La ville hier était immense ; Les hommes grouillaient par milliers. Mais tout finit quand je commence.

Se croire fort ! vaine démence, Chute risible sous mes pieds ! Il fait une chaleur de forge, Tant les palais flambent au vent.

Ou pille, ou saccage, on égorge ; Demain il poussera de l'orge Où fut tout ce fracas vivant. Les vierges à part sont laissées.

Je leur ai dit : « Jetez des fleurs. » Avec des poses cadencées, Par elles des fleurs sont lancées Au meurtrier de tous les leurs.

On épargne aussi les poètes. Je leur ai dit : « Faites-moi Dieu. » Ils ont pris la lyre des fêtes Et chantent, assis sur des têtes,

Aux portes des palais en feu.

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