MA mosquée est une forêt
A l'impénétrable mystère ;
J'ai choisi pour mon minaret
Une montagne solitaire.
Qu'un muezzin à la cité
Chante l'heure où l'on se recueille.
Cet instant-là m'est mieux chanté
Par l'oiseau blotti sous la feuille.
Qu'on fouille livre et manuscrit
Pour tâcher d'éclaircir ses doutes,
Les preuves que cherche l'esprit,
La nature les donne toutes.
Chacun se déchausse au saint lieu.
Respect mesquin qui n'est qu'un leurre !
Le monde est ma maison de Dieu ;
C'est pourquoi, pieds nus, j'y demeure.
Pas de temples, pas de hangars
Étouffant le cœur sous des pierres !
Il faut le ciel à mes regards,
Quand je lève en haut mes paupières.
Des murailles sont de la nuit,
Et des coupoles sont des voiles.
Nombre de flambeaux y reluit.
Pour prier, j'ai mieux : les étoiles !