A Solferino, l'on boit du vin rouge,
Du bon vin limpide et divertissant.
Lorsque au grand soleil, dans le verre, il bouge,
Il jette un reflet de pourpre et de sang,
A Solferino, les filles sont belles.
Avec leurs tons bruns sous le grand ciel bleu.
Lorsque les galants se battent pour elles,
Leurs yeux noirs sont pleins de lueurs de feu.
A Solferino, les hommes sont rudes ;
Ils portent l'orage en leurs cœurs d'amant ;
Et les trahisons, les ingratitudes
A coups de couteau trouvent leur paiement.
Et quand la traîtrise est ainsi punie.
Quand la perfidie est prise au panneau,
A s'apitoyer nul ne s'ingénie.
Mais on applaudit, à Solferino.
C'est un fait normal, au-dessus des gloses,
Qu'ils ferment leur cœur, ceux qui sont trahis.
L'amer sentiment de certaines choses
Est vrai pour les gens et pour les pays.