Skip to content
1895

Solferino

Armand RENAUD

A Solferino, l'on boit du vin rouge, Du bon vin limpide et divertissant. Lorsque au grand soleil, dans le verre, il bouge, Il jette un reflet de pourpre et de sang,

A Solferino, les filles sont belles. Avec leurs tons bruns sous le grand ciel bleu. Lorsque les galants se battent pour elles, Leurs yeux noirs sont pleins de lueurs de feu.

A Solferino, les hommes sont rudes ; Ils portent l'orage en leurs cœurs d'amant ; Et les trahisons, les ingratitudes A coups de couteau trouvent leur paiement.

Et quand la traîtrise est ainsi punie. Quand la perfidie est prise au panneau, A s'apitoyer nul ne s'ingénie. Mais on applaudit, à Solferino.

C'est un fait normal, au-dessus des gloses, Qu'ils ferment leur cœur, ceux qui sont trahis. L'amer sentiment de certaines choses Est vrai pour les gens et pour les pays.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Solferino · Armand RENAUD · Poetry Cove