UN bon Musulman, près du Gange,
Cheminant par un jour d'été,
Vit soudain sortir de la fange
Un crocodile bien denté.
Pour fuir, il détourne la tête.
Un tigre noir, montrant la dent,
A bondir est là qui s'apprête.
Les deux monstres se font pendant.
Le Musulman, pâle, immobile,
Ne sait ce qui doit mieux valoir
De la gueule du crocodile
Ou de celle du tigre noir.
A se prosterner lors il songe,
Pour ne pas mourir mécréant.
Et dérouté le tigre plonge
Dans le crocodile béant.