HÉLAS ! hélas ! jeune Rose
Que de perles l'aube arrose !
Hélas ! hélas ! Rossignol,
Le céleste virtuose
Soupirant, quand tout repose,
Les yeux, le cœur vers le sol !
Jadis la fleur était belle ;
L'oiseau, la trouvant rebelle,
En gémissait nuit et jour
Et, triste autant que fidèle,
Consumait son cœur près d'elle,
Sans un espoir de retour.
Maintenant l'automne est dure ;
De la dernière verdure
Elle emplit son tombereau ;
Et l'inflexible nature
Dans la même sépulture
Va joindre esclave et bourreau.
Si tout s'en va dans la terre,
Triste chanteur solitaire,
Que servait de tant souffrir ?
Fleur fermée à la prière,
Tu vécus railleuse et fière ;
A quoi bon ? tu vas mourir.
Oh ! que vivre est chose folle !
On dédaigne ou l'on raffole,
On verse ou l'on boit du fiel ;
Puis, comme un rire frivole,
En un moment tout s'envole
Dans les profondeurs du ciel.