D'UN maître mon âme est la proie
D'un seul regard il me vainquit ;
C'est un brun à l'œil qui flamboie.
Mais n'espérez pas savoir qui.
Moi, jadis, la vierge glacée,
Des récits d'amour me moquant,
Je n'ai qu'amour dans la pensée.
Mais nul ne saura depuis quand.
Pour une sortie en litière,
Mon père m'ouvrit mon verrou ;
Passa l'homme à la mine altière.
Mais je ne veux pas vous dire où.
Lui seul pourrait calmer ma fièvre,
Lui seul, transformer mon tourment
En miel pour mon âme et ma lèvre.
Mais ne demandez pas comment.
O ma jeunesse, où sont les tombes,
Bientôt l'on pleurera sur toi ;
Sous la tristesse tu succombes.
Mais je ne dirai pas pourquoi.