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1895

MOSAÏQUE IMPERIALE

Armand RENAUD

L'IMPÉRATRICE pâle, et les yeux sans regards, Se raidit sous le poids de son orfèvrerie ; Au-dessus du chaos de vils peuples épars. Elle s'offre elle-même à son idolâtrie.

Après avoir hanté le cirque et les bazars. Enfant, vendu son corps aux valets d'écurie. Elle est devenue astre au ciel bleu des Césars. Le monde est son esclave et le clergé la prie.

Patriarches et rois forment deux frises d'or Pour aboutir au point plus lumineux encor D'où sa figure émerge au fond des basiliques. Mais le suprême honneur fait le suprême ennui.

Et ses rêves s'en vont vers les temps où, la nuit, Elle divertissait les tavernes publiques.

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